Comment la Ville de Paris concilie l’exigence de création de logements sociaux et préoccupations environnementales

Par L'équipe de Romainlevy.net • 1 déc, 2009 • Catégorie: Au Conseil de Paris (archives), Mes interventions au Conseil de Paris

Au cours de la séance du Conseil de Paris des 23 et 24 novembre, je suis intervenu dans le cadre du débat sur le Développement Durable.

Monsieur le Maire, Mes chers Collègues,

Oui, mes chers collègues, j’ai souhaité intervenir sur le volet logement, domaine dans lequel notre collectivité est particulièrement active et cela permettra, en outre, à Mme DOUVIN d’être un peu mieux informée.

Effectivement, le Maire de Paris a tenu, avec Jean-Yves MANO, son adjoint, à concilier l’exigence de création de logements sociaux et les préoccupations environnementales en développant une offre de logements durables et de qualité dans une stratégie globale de justice sociale et de respect de l’environnement.

L’objectif de financer 40.000 logements sociaux dans la mandature, soit plus de 6.000 par an, s’accompagne d’une réflexion systématique sur la qualité environnementale et la sobriété énergétique, sur la mixité sociale et fonctionnelle des programmes, sur leur insertion urbaine et la qualité de vie qu’ils apportent. Cela était indispensable, car la question du logement est au cœur des préoccupations environnementales de notre Ville. Le patrimoine bâti parisien est à l’origine de 27 % de nos émissions de gaz à effet de serre, les postes chauffage, électricité et eau chaude générant en outre les plus importantes consommations d’énergie.

Très tôt, notre Municipalité s’est saisie de cette question, se lançant dès 2004 dans un bilan carbone qui lui a permis d’améliorer sa connaissance de l’impact environnemental du territoire et de mesurer l’importance de l’empreinte écologique liée au logement. Il a conduit à l’élaboration du Plan Climat qui fixe de nouveaux objectifs exigeants de performances énergétiques des bâtiments et invite les bailleurs sociaux à s’engager sur une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre, sur leur parc, entre 2004 et 2020.

Cette volonté forte a permis d’insuffler une nouvelle dynamique dans le dialogue avec les maîtres d’ouvrage, les architectes et les entreprises, et à repenser la façon de concevoir le logement en positionnant l’innovation technologique au cœur de nos projets.

Elle a permis aux bailleurs, dans un secteur réputé difficile à faire évoluer, d’apparaître comme les moteurs du changement des pratiques. Cette valorisation des techniques constructives novatrices s’est accompagnée d’un renouvellement de l’écriture architecturale dans notre Capitale.

Une visite au Pavillon de l’Arsenal, mes chers collègues, vous permettra de constater que les exigences environnementales peuvent rimer harmonieusement avec esthétique et créativité.

Dès 2006, notre Municipalité invitait les bailleurs à avoir une démarche de Haute Qualité Environnementale pour leurs programmes. Le Plan Climat favorise depuis la production massive de logements sociaux économes en énergie. En construction neuve, les objectifs fixés, de 50 kilowatts-heure par mètre carré par an dépassent les normes du label français le plus exigeant, le BBC, et nous donne plusieurs années d’avance sur les objectifs de la loi Grenelle 1.

Dès janvier 2010, la S.I.E.M.P. livrera, dans le cadre de sa mission d’éradication de l’insalubrité, la première opération de construction répondant à ces exigences, impasse Daunay, dans le 11e arrondissement.

Pour ce faire, des procédés novateurs ont été utilisés, tels que les façades à double peau de verre, des panneaux solaires couvrant 30 % des besoins en eau chaude. J’insiste sur ce dernier point qui, outre son aspect environnemental, permet aux locataires de faire des économies sensibles et répond à notre engagement de réduire leurs charges et de lutter contre la précarité d’un grand nombre de ménages, qui ne peuvent plus faire face aux dépenses de chauffage et d’électricité.

Je veux également citer la première opération de logements sociaux à énergie positive, menée par la R.I.V.P., rue Guénot, dans le 11e, utilisant également l’énergie solaire pour la production d’eau chaude et d’électricité.

Les 80 kilowatts-heure par mètre carré et par an fixés dans le cadre des opérations de réhabilitation d’immeubles anciens dégradés sont plus difficiles à atteindre. Mais là encore, les bailleurs parisiens ont relevé le défi, et dès la fin de cette année sera livrée, avenue du Général-Bizot, dans le 12e arrondissement, une opération de 18 logements s’y conformant grâce à une isolation extérieure des façades, à l’utilisation de panneaux solaires, à une toiture et des murs végétalisés.

Pour atteindre de tels objectifs, les bailleurs se sont fortement investis dans la promotion des innovations techniques et dans la valorisation des procédés constructifs employant des matériaux durables. Evoquons la filière bois avec la livraison au premier trimestre 2010 du premier immeuble social de quatre étages en structure bois, rue du Mont-Cenis dans le 18e arrondissement, qui comprendra des procédés d’isolation intérieure en laine de bois et en chanvre.

La production d’au moins 30 % des besoins domestiques en eau chaude obtenue par l’installation de panneaux solaires ou l’utilisation du photovoltaïque pour la production d’électricité, se développent de plus en plus.

Il n’est pas étonnant que l’objectif de 1.800 logements sociaux programmés répondant aux exigences du Plan Climat soit dépassé de près de 50 % avec 2.666 logements s’y conformant, tous bailleurs confondus.

Ce sont 3.150 logements neufs ou réhabilités, atteignant les objectifs du Plan Climat qui devraient être financés pour 2009.

Venons-en au développement des éco-quartiers. Véritables morceaux de ville, ils témoignent d’une démarche urbaine transversale avec leur programmation ambitieuse tant sur le plan social que sur le plan environnemental avec leur approche éco-responsable.

Le Maire de Paris l’a dit tout à l’heure, notre collectivité vient d’être primée dans le cadre du programme national des éco-quartiers pour l’opération “Fréquel – Fontarabie” dans le  20e arrondissement. Le défi confié à la S.I.E.M.P. était de restructurer un quartier préexistant touché par l’insalubrité, en alliant exigences environnementales et innovations technologiques, démarche sociale et concertation, qualité architecturale et inscription dans un tissu urbain dense.

Au final, la fructueuse concertation a permis de mettre au point un projet valorisant les espaces verts, les cheminements doux, des espaces de rencontre et de sociabilité. La mixité fonctionnelle et sociale est présente avec 105 logements sociaux, une crèche, une P.M.I., des locaux d’activité, un nouveau jardin de 1.000 mètres carrés, ainsi qu’une place publique.

Tout cela, avec un engagement fort en matière de sobriété énergétique grâce à la conception bioclimatique des bâtiments et à l’utilisation des énergies renouvelables. Aménager la ville durable, diversifier les formes d’habitat, répondre aux besoins de tous, voici les nouveaux enjeux urbains auxquels les éco-quartiers sont à même de répondre et je pense en disant cela, aux Z.A.C. “Clichy Batignolles”, “Pajol” et de la gare de Rungis citées par le Maire de Paris tout à l’heure.

Reste la difficile question de la rénovation du bâti existant dont il convient d’améliorer l’efficacité énergétique, en y intégrant les énergies renouvelables. Il fallait en premier lieu, connaître la consommation énergétique de ce patrimoine. C’est pourquoi les bailleurs, à la demande de la Ville, ont lancé un diagnostic afin d’identifier les bâtiments les plus énergétivores et ceux qui pouvaient faire l’objet d’une meilleure isolation.

Notre Municipalité a également demandé des travaux de réhabilitation dès 2008, afin que 25 % des bâtiments les plus énergétivores soient traités d’ici 2020 nous donnant largement un temps d’avance sur la loi Grenelle 1.

“Paris Habitat” s’est ainsi engagé avec un objectif de réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020, sur l’ensemble de son activité et sur l’ensemble du territoire parisien. Au total, dès 2008, 1.715 logements sociaux du parc existant ont bénéficié de l’engagement d’une opération de réhabilitation Plan Climat. Pour 2009, ce nombre sera porté à 4.511 logements, permettant ainsi d’envisager avec sérénité l’atteinte d’un objectif de réhabilitation thermique de 55.000 logements sociaux d’ici 2020.

Toufefois, construire la métropole de l’après Kyoto suppose aussi d’agir sur les 100.000 immeubles privés qui composent l’essentiel de l’habitat parisien. C’est pourquoi notre Municipalité joue un rôle important d’incitation et d’accompagnement aux côtés des organisations de syndics et de copropriétaires pour l’engagement de travaux d’économie d’énergie.

J’évoquerai le dispositif innovant “copropriétés objectif climat”, qui incite les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation thermique tout en étant conseillés par les conseillers des Espace Info Energie. Les copropriétés peuvent voir le diagnostic énergétique de leur immeuble subventionné à hauteur de 70 % par la Ville de Paris, la Région et l’ADEME.

Pour aller plus loin dans la lutte contre le gaspillage d’énergie, la Ville a engagé en lien avec l’A.P.U.R, une thermographie aérienne de Paris permettant d’aider à identifier les sources de gaspillage. Chaque parisien pourra ainsi visualiser les fuites thermique de son immeuble et connaître les travaux à entreprendre les plus efficaces.

Jérôme COUMET évoquera après moi la démarche expérimentale d’Opération Programmée d’Amélioration Thermique initiées sur les immeubles collectifs privés du 13e arrondissement.

Si le Plan Climat nous engage, élus et bailleurs sociaux, à apporter des réponses innovantes aux défis environnementaux, notre Ville, par la rapidité et par l’ampleur des mesures engagées s’est donnée les moyens ambitieux lui permettant de devenir une véritable éco-capitale.

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